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Arnaque à la voyance : les signaux d'alerte

Une arnaque à la voyance ne se juge pas au don supposé du praticien, que personne ne peut mesurer. Elle se reconnaît à ses méthodes : promesse de résultat, malédiction, rituel à payer, paiement hors des circuits habituels, pression. Voici comment les repérer, et les recours qui existent en France.

Une arnaque se reconnaît à sa méthode

La voyance n'est pas une arnaque en soi. C'est un service de divertissement et d'éclairage personnel, que l'on choisit en connaissance de cause, réservé aux personnes majeures (18+). Une arnaque commence quand quelqu'un utilise ce cadre pour vous soutirer de l'argent par la peur, la pression ou des promesses impossibles. Elle ne se juge pas à la sincérité supposée du voyant, que personne ne peut mesurer. Elle se reconnaît à des méthodes, et ces méthodes se répètent.

Ce guide recense les signaux d'alerte les plus courants, puis les gestes à faire si vous pensez être concerné, et les recours qui existent en France. Ces informations sont générales : pour votre situation précise, une association d'aide aux victimes ou un avocat pourra vous conseiller.

Les signaux d'alerte

Une promesse de résultat

« Il reviendra dans sept jours », « vous trouverez un travail avant la fin du mois », « taux de réussite exceptionnel » : aucune voyance ne permet d'annoncer un événement comme certain, encore moins à date fixe. Une promesse chiffrée ou datée est le premier signe d'un discours commercial trompeur. Le cas le plus fréquent est la promesse de retour affectif, que le guide retour affectif examine en détail.

Une malédiction, un sort, un blocage

On vous annonce qu'une personne vous veut du mal, qu'on vous a jeté un sort, qu'une énergie négative bloque votre vie. Ce diagnostic sert presque toujours à justifier la suite : un remède payant. Il installe aussi la peur, qui empêche de réfléchir calmement.

Un rituel ou un objet à acheter

Bougies consacrées, talisman, « travail » spécial, protection, série de séances pour « lever » un blocage : une prestation qui se termine par un achat de ce type doit vous alerter. Le rituel ne produit rien de vérifiable, et lorsqu'il échoue, on vous en propose un autre, plus cher.

Un paiement en dehors des circuits habituels

Virement vers un compte personnel, coupons prépayés, cartes cadeaux, cryptomonnaie, mandat : ces moyens de paiement sont difficiles à tracer et à récupérer. Un praticien qui vous demande de le payer directement, « pour que ce soit moins cher », vous fait aussi sortir de tout cadre de protection.

Une pression pour recharger ou continuer

« Il faut agir maintenant », « l'occasion ne se représentera pas », « si vous arrêtez, tout sera perdu » : l'urgence artificielle sert à vous faire dépenser avant que vous ayez le temps de douter. Un voyant qui vous pousse à recharger en pleine séance, ou qui vous relance sans cesse pour une nouvelle consultation, ne respecte pas votre liberté de choix.

Un prix flou

Numéro surtaxé dont le coût n'apparaît qu'en tout petit, SMS facturés à l'unité, « minutes offertes » sans indication du prix qui suit, frais ajoutés au paiement : si vous ne savez pas combien vous allez payer avant de commencer, méfiez-vous.

Une demande d'isolement ou d'informations sensibles

« N'en parlez à personne », « vos proches ne comprendraient pas » : l'isolement est un ressort classique de l'emprise. Méfiez-vous aussi de toute demande de coordonnées bancaires, de codes reçus par SMS, de pièces d'identité ou de photos d'autres personnes, qui n'ont rien à faire dans une consultation.

Des courriers et des messages trop personnels

Lettres ou courriels annonçant une chance exceptionnelle, un héritage ou un danger imminent, signés d'un voyant célèbre que vous n'avez jamais contacté : ces envois sont adressés en masse, avec votre nom inséré, et se terminent par une demande d'argent.

Personne n'est trop prudent pour être visé

Ces arnaques ne visent pas des personnes naïves. Elles visent des moments : une rupture, un deuil, une période de solitude, une inquiétude pour l'avenir. Dans ces moments, chacun est plus sensible à une voix qui rassure et à une solution qui promet de tout régler. Avoir été trompé n'est pas une faute. Le plus important est de réagir vite, sans honte, et d'en parler.

Si vous vous inquiétez pour un proche, observez les signes : des dépenses qui augmentent, un changement d'humeur, un discours nouveau sur des malédictions ou des « énergies », un éloignement de la famille. Abordez le sujet sans le juger, et proposez-lui de faire les démarches ensemble.

Que faire si vous pensez être victime

  1. Arrêtez de payer. Quoi qu'on vous dise sur les conséquences d'un arrêt, aucun paiement supplémentaire ne réparera les précédents.
  2. Ne répondez pas aux menaces. Une malédiction annoncée ne se réalise pas parce que vous cessez de payer. Si les menaces visent votre sécurité, celle de vos proches ou si l'on vous harcèle, prévenez la police.
  3. Gardez toutes les preuves. Captures d'écran des annonces et des échanges, courriels, SMS, enregistrements des numéros appelés, relevés bancaires, reçus de paiement. Notez les dates et les montants.
  4. Prévenez votre banque. Expliquez la situation et demandez ce qui peut être fait pour les paiements en cours et à venir. Faites opposition si vous avez communiqué vos coordonnées bancaires à quelqu'un qui pourrait s'en servir.
  5. Parlez-en à quelqu'un de confiance. Un proche, un médecin, une association. Sortir du face-à-face est souvent ce qui permet de reprendre la main.

Les recours en France

En cas d'urgence

Si vous êtes menacé, si vous vous sentez en danger ou si un proche l'est, appelez le 17 (police secours) ou le 112, le numéro d'urgence européen.

S'informer et être orienté

Info Escroqueries, le service du ministère de l'Intérieur, répond aux victimes et aux témoins d'escroqueries et les oriente : 0 805 805 817, appel gratuit depuis la France, du lundi au vendredi. Le 116 006, numéro national d'aide aux victimes géré par la fédération France Victimes, est gratuit et ouvert tous les jours : il écoute, informe et oriente vers l'association d'aide aux victimes la plus proche.

Signaler un professionnel à la DGCCRF

Lorsque le problème vient d'un professionnel (site, plateforme, cabinet de voyance), vous pouvez le signaler sur SignalConso, le service public en ligne de la DGCCRF, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Le signalement peut être transmis à l'entreprise, qui est invitée à répondre ou à corriger la situation, et la DGCCRF peut intervenir si nécessaire. Le Code de la consommation interdit les pratiques commerciales trompeuses, les pratiques commerciales agressives et l'abus de faiblesse. SignalConso n'est pas un dépôt de plainte : il ne remplace pas les démarches ci-dessous. Un site, une annonce ou un message frauduleux en ligne peut aussi être signalé sur PHAROS, la plateforme du ministère de l'Intérieur qui recueille les signalements de contenus illicites sur internet (internet-signalement.gouv.fr).

Porter plainte

Vous pouvez porter plainte dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie, qui ont l'obligation d'enregistrer votre plainte, même si les faits se sont produits ailleurs. Vous pouvez aussi écrire au procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu des faits ou du domicile de l'auteur, en joignant le récit détaillé des faits et vos preuves. La plainte est gratuite, et elle peut être déposée contre X si vous ne connaissez pas l'identité réelle de la personne. Apportez les preuves rassemblées et la liste des paiements. Pour certaines escroqueries commises sur internet, la plainte peut aussi être déposée en ligne, par le service THESEE, accessible depuis service-public.fr.

Selon les faits, deux infractions du Code pénal sont le plus souvent en cause. L'escroquerie (article 313-1) consiste à tromper une personne, par exemple par un faux nom, une fausse qualité ou des manœuvres frauduleuses, pour obtenir qu'elle remette de l'argent ou un bien. L'abus de faiblesse (article 223-15-2) vise l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse d'une personne vulnérable, ou d'une personne placée sous emprise par des pressions graves ou répétées, pour la conduire à un acte qui lui est gravement préjudiciable. C'est aux enquêteurs et à la justice de qualifier les faits : décrivez simplement ce qui s'est passé, avec précision.

Une emprise qui s'installe

Si l'arnaque s'accompagne d'une emprise (isolement, rupture avec les proches, discours qui envahit la vie quotidienne, demandes d'argent croissantes), la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, recueille les signalements des victimes et des proches et peut les orienter.

Un litige avec une plateforme identifiée

Si vous êtes en désaccord avec une plateforme de voyance qui a une existence légale, adressez-lui d'abord une réclamation écrite. Si elle n'aboutit pas, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur de la consommation indiqué dans ses mentions légales ou ses conditions générales.

Comment Elozya limite ces risques

Aucune plateforme ne peut écarter tout risque, mais certains mécanismes rendent la plupart de ces arnaques difficiles à mener ici.

  • Un prix affiché avant l'appel. Chaque voyant fixe son prix par minute, visible sur sa fiche, figé pendant la séance. Ni numéro surtaxé, ni audiotel, ni frais ajoutés. Les questions écrites ont un prix fixe affiché avant l'envoi.
  • Un paiement qui reste sur la plateforme. Vous payez à partir d'un solde prépayé dont vous voyez chaque mouvement. Les conditions d'utilisation interdisent de traiter directement avec un voyant pour contourner la plateforme : un voyant qui vous demande un virement ou un contact sur une autre messagerie enfreint les règles.
  • Des pratiques refusées. Désenvoûtement, magie, rituels payants et promesse de retour affectif ne peuvent pas figurer parmi les pratiques d'un voyant.
  • Une messagerie surveillée. Les messages échangés sur la messagerie sont analysés pour repérer les demandes de virement, les coordonnées extérieures et les mentions de malédiction ou d'envoûtement. Les cas repérés sont soumis à une personne de l'équipe, qui décide de la suite.
  • Signaler, bloquer, réclamer. Vous pouvez signaler un voyant, un message ou un avis, y compris pendant une consultation, et bloquer un voyant pour couper tout contact. Une consultation qui s'est mal passée peut être signalée dans les 72 heures ; jusqu'à 15 €, le remboursement en crédits est en principe automatique, au-delà une personne de l'équipe examine la demande.
  • Des garde-fous sur vos dépenses. Un plafond de dépense hebdomadaire est posé par défaut à l'inscription, avec des alertes avant qu'il soit atteint. Vous pouvez activer une pause de confirmation en séance, et suspendre votre compte pour 1, 7 ou 30 jours, sans possibilité de lever la pause avant son terme.
  • Une identité vérifiable. Le badge « Société vérifiée (SIRET) », quand il figure sur une fiche, signale une société contrôlée par son numéro SIRET. Il porte sur l'existence de l'entreprise, pas sur le don du praticien.

Ces engagements, et la manière de les vérifier vous-même sur n'importe quelle plateforme, sont détaillés sur la page voyance sérieuse. Pour les règles qui s'imposent aux voyants, voyez la charte des voyants, et pour ce que devient votre argent, la charte « Votre argent vous appartient ». Pour toute question sur votre compte, le centre d'aide répond aux situations courantes.

Si vous traversez une période difficile

Une arnaque à la voyance laisse souvent plus qu'une perte d'argent : de la honte, de la colère, parfois un sentiment d'isolement. Ne restez pas seul avec cela. Un proche, un médecin ou une association d'aide aux victimes peuvent vous aider à faire le point. Si vous avez des idées noires, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable jour et nuit.

Mis à jour le · La rédaction Elozya

Questions fréquentes

Comment reconnaître une arnaque à la voyance ?

Méfiez-vous d'une promesse de résultat chiffrée ou datée, d'une malédiction ou d'un sort annoncé, d'un rituel ou d'un objet à acheter, d'une demande de paiement par virement, coupons ou cryptomonnaie, d'une pression pour continuer, d'un prix flou et de toute demande de garder le secret.

Que faire si j'ai été victime d'une arnaque à la voyance ?

Arrêtez de payer, conservez toutes les preuves (échanges, annonces, relevés, reçus), prévenez votre banque et parlez-en à un proche. Vous pouvez ensuite porter plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République.

Où signaler un site ou un cabinet de voyance abusif ?

Sur SignalConso, le service public en ligne de la DGCCRF : votre signalement peut être transmis à l'entreprise, et la DGCCRF peut intervenir si nécessaire. Ce signalement ne vaut pas plainte : pour des poursuites, il faut porter plainte.

Qu'est-ce que l'abus de faiblesse ?

L'article 223-15-2 du Code pénal réprime l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse d'une personne vulnérable, ou placée sous emprise par des pressions graves ou répétées, pour la conduire à un acte qui lui est gravement préjudiciable. C'est à la justice de qualifier les faits.

Qui appeler pour être aidé ?

En cas de danger, le 17 ou le 112. Pour être informé et orienté, Info Escroqueries au 0 805 805 817, appel gratuit en semaine, et le 116 006, numéro national d'aide aux victimes, gratuit et ouvert tous les jours. En cas d'emprise, la Miviludes recueille les signalements.

Un voyant peut-il me demander de le payer en dehors de la plateforme ?

Sur Elozya, non : les conditions d'utilisation interdisent de traiter directement avec un voyant pour contourner la plateforme. Les messages de la messagerie sont analysés pour repérer ce type de demande, et vous pouvez signaler ou bloquer le voyant.

Comment éviter de trop dépenser en voyance ?

Fixez un budget avant chaque consultation et choisissez un service qui affiche le prix avant l'appel. Sur Elozya, un plafond de dépense hebdomadaire est posé par défaut à l'inscription, avec des alertes, et vous pouvez suspendre votre compte pour 1, 7 ou 30 jours.

Pour aller plus loin

Service de divertissement à visée ludique, sans valeur prédictive. Réservé aux personnes majeures (18+).